A la rencontre de la chanteuse Mamy ATEZOMA

Mamy Atezoma est une femme que j’ai admirée de loin. À chaque fois que je suivais la diffusion des cultes de l’Eglise La Borne, à la radio, et qu’elle intervenait comme conductrice de culte, une profonde admiration montait dans mon cœur, non seulement à cause de l’excellence de sa prestation mais aussi par le fait qu’elle démontrait qu’en tant que femme, il est possible de bien faire les choses.

Grâce à une interview qu’elle a accordé à notre équipe Les Valeureuses, Dieu m’a permis de croiser son chemin et d’en savoir un peu plus à son sujet. J’espère que vous serez bénis par son témoignage.

Allez c’est partit!!

Bonjour Mamy, pouvez-vous, vous présenter rapidement à nos lecteurs.

Je tiens d’abord à remercier l’équipe Les Valeureuses pour l’intérêt qu’elle accorde à ma modeste personne. Je m’appelle Mamy ATEZOMA TSHIFUNDA, épouse du Pasteur Dady TSHIFUNDA avec qui nous avons une petite fille au nom de Samuella. Je réside en République Démocratique du Congo. Je suis servante de Dieu et chantre. Je suis également étudiante en dernière année de théologie  à l’institut des Assemblées de Dieu.

Pouvez-vous, nous raconter brièvement comment vous avez connu le Seigneur Jésus?

Quand j’ai rencontré le Seigneur, j’étais très jeune à l’époque, et j’étais en première année secondaire à l’école les Flamboyants à Ma campagne. Je me souviens qu’un jour, animé par un esprit de curiosité, je me suis rendue à un culte organisé, tous les samedis,par les jeunes chrétiens de mon école. Au cours de ce culte, un jeune avait rendu témoignage des bienfaits de Jésus-Christ dans sa vie.

Un témoignage d’ailleurs qui m’avait tellement marquée et incitée à donner ma vie à Jésus-Christ. En fait, j’étais impressionnée de constater qu’il y’ait des jeunes de mon âge servant le Seigneur avec autant de passion et d’amour. Le déclic est parti de là. C’est à ce moment que j’ai donné ma vie à Christ et que je n’ai plus jamais arrêté de le servir.

Vous êtes membre de l’église la BORNE. Dites nous comment Christ vous a conduite dans cette Eglise et depuis combien d’années vous y êtes membre ?

Disons que les jeunes gens qui dirigeaient les cultes dans mon école étaient des membres de l’église la Borne. Donc en donnant ma vie au Seigneur, j’étais une âme qu’ils venaient de gagner à Christ, car à l’époque, je priais à l’église catholique. Ce sont eux qui m’ont conduite à l’église la Borne vu que j’habitais Ma campagne comme la plupart d’entre eux. C’est ainsi que j’en suis devenue membre depuis 1994.

Vous êtes une chantre, pouvez-vous nous raconter comment avez-vous débuté dans le ministère du chant ? Aviez-vous suivi une formation particulière ?

Il faut comprendre que je chante depuis mon jeune âge mais j’ai commencé à accorder un intérêt particulier au chant le jour où je me suis convertie. Un ami, qui m’encadrait dans la foi, m’avait fait remarqué que j’avais une très belle voix, puis m’encouragea à écouter des cantiques de ceux de Jeunesse en Mission, Claude et Julia, Ron Keneli, Blaise Sakila…

Je tiens à souligner aussi que j’écoutais déjà le gospel congolais un peu européen avant de donner ma vie à Jésus. Mais, j’y ai accordé plus d’intérêt à ce domaine quand ce bien-aimé m’a fait remarqué mon talent. J’avais aussi un voisin qui apprenait à jouer à la guitare. Il venait souvent chez moi, et ensemble, nous formions un duo: lui qui apprenait à jouer à la guitare et moi qui apprenais à chanter; et c’est durant cette période d’apprentissage que j’ai pu composer ma première chanson, entre 1993 et 1994.

La chorale de l’église la BORNE UPN compte plus de 50 membres, comment aviez-vous fait pour vous distinguer et passer au-devant de la scène et devenir ainsi modératrice et conductrice de louange ?

Il y’a un fait que je tiens à préciser : je ne suis pas membre de la chorale de l’église la Borne, j’y travaille en tant que conductrice de culte. Il est vrai que la règle exige qu’il faut d’abord être membre de la chorale, à l’église de la Borne, pour être conducteur de culte, mais Dieu m’a fait grâce, et j’ai pas suivi ce cursus-là.

A part la chorale, êtes- vous active dans d’autres départements au sein de votre église et dans le corps de Christ ?

J’avoue que je n’ai pas toujours été conductrice de culte. J’ai commencé d’abord à servir dans une cellule de l’église et c’est là-bas que j’ai appris à conduire les cultes, à évangéliser, à prêcher. Toutes ces années à l’église la Borne m’ont permis d’exercer dans plusieurs départements.

Ensuite, j’ai passé plusieurs années au département de la jeunesse, puis à l’intercession; j’ai aussi intégré  la jeunesse musique et j’ai encadré les jeunes pendant beaucoup d’années. Maintenant, je suis étudiante finaliste en théologie et prédicatrice dans les églises et les cellules de la Borne ainsi que partout où le Seigneur me permet de le faire.

Sur le plan artistique, où en êtes-vous avec votre carrière musicale? Aviez-vous déjà un album sur le marché ?

J’exprime toute ma gratitude au Seigneur Jésus-Christ, car ma carrière musicale évolue selon son rythme et non le mien. Par la grâce de Dieu, il y’aura certainement un album mis sur le marché dès le mois d’Août 2020.

Cependant, il y’a déjà la chanson Agneau qui est mise sur le marché depuis le 21 juillet 2020. C’est un avant goût qui annonce la venue de mon album qui s’intitule également Agneau.

S’agissant du Ministère de louange et d’adoration que j’ai mis sur pieds intitulé WORSHIP FOREVER MINISTRIES, nous travaillons mon équipe et moi avec les moyens de bord. Evidemment, ce n’est pas facile vu que nous n’avons pas encore de producteur mais le Seigneur nous fait grâce d’avancer par la foi.

En tant qu’épouse et mère comment conciliez-vous le ministère et la vie de famille ?

« Je croyais et j’ai toujours cru  que Dieu peut utiliser une femme au même niveau qu’un homme. »

Mamy ATEZOMA

Pour ma part, je dirais que l’élément vital, pour réussir la conciliation des deux c’est la DISCIPLINE. Chaque domaine à son importance et à sa place, il ne tient qu’à moi maintenant d’être disciplinée et faire preuve de sagesse.

Quand il faut être une mère, je ne me mets pas à chanter; quand il faut être une épouse, je ne me mets pas à prêcher; quand il faut être une servante, je ne vais pas être une étudiante… Comme le dit la Bible, il y’a un temps pour toute chose, il faut être discipliné sinon il y’aura déséquilibre partout.

Mais il faudrait aussi avoir la maîtrise de soi pour comprendre que chaque domaine à son importance et à sa place parce que des fois on a des élans et pour cela il faut demander de l’aide au Saint  Esprit.

Quelles sont les difficultés principales auxquelles vous faites face en tant que femme dans le Ministère?

 » Les femmes doivent faire un double effort par rapports aux hommes mais qu’elles n’aient pas peur, qu’elles le fassent et si réellement le Seigneur la veut dans ça il ne manquera pas de les justifier.« 

Mamy ATEZOMA

Il faut comprendre que le passage de l’apôtre Paul dans la Bible où il interdit à la femme de l’église de Corinthe de se taire ne nous rend pas service. De même, notre culture Congolaise et particulièrement Africaine incite la femme à se positionner à l’arrière plan. Ce qui fait que si toi la femme, tu ne t’alignes pas à ces lois humaines, tu deviens victime de préjugés. Mais pour ce qui est de mon cas, la difficulté première que j’ai rencontrée est celle liée à la mentalité de la femme.

En général, la femme à tendance à se sous-estimer. Je bénis Dieu parce que je n’ai jamais eu une telle mentalité. Très tôt dans l’exercice de mon ministère, j’ai toujours cru que Dieu peut utiliser un homme autant qu’une femme.

Une autre difficulté c’est aussi la manière dont les hommes et les femmes, dans le ministère, appréhendent les choses. J’ai observé que lorsque vous êtes une femme vous n’avez pas droit à l’erreur dans l’exercice du ministère. Je m’explique : on peut tolérer à un homme quelques maladresses dans l’exercice de son ministère mais à une femme jamais. Si un homme n’a pas bien rempli la tâche qui lui a été donnée à savoir prêcher ou exhorter, il y’aura toujours des hommes pour l’aider à faire mieux mais pour ce qui est de la femme, il sera difficile de lui accorder une seconde chance quand elle commet des erreurs.

C’est dans ces conditions que j’ai appris à servir le Seigneur. Quand on m’offre une opportunité, je la saisie et je fais tout pour ne pas commettre d’erreurs. Car, je me dis en moi même » c’est maintenant ou jamais ».

Je comprends qu’il se pourrait que le fait que plusieurs femmes n’ayant pas bien fait les choses cela n’a servie qu’à conforter la position  de ceux qui disent qu’une femme ne puisse pas servir Dieu.

Ce qui m’a d’ailleurs encouragée à approfondir mon intimité avec Dieu plus qu’un homme qui doit prêcher ou modérer, parce qu’au fond de moi, je me dis, « je n’ai pas droit à l’erreur en ma qualité de servante de Dieu ».

Je sais que les femmes doivent faire un double effort par rapport aux hommes mais qu’elles n’aient pas peur, qu’elles le fassent et si réellement le Seigneur les veut dans ça il ne manquera pas de les justifier.

Comment percevez-vous le ministère des femmes au sein de l’église? Doivent –elles se lever ou se taire en public ?

Pour ma part, je dirais que le problème est lié à la mauvaise interprétation de certains passages bibliques. Quand nous lisons un passage biblique, il est important de situer son contexte pour une meilleure compréhension des écritures.

Par exemple, il y’a des passages qui nous parlent de la grande tribulation, la marque de bête, l’enlèvement…Vous n’allez pas prendre les réalités de la grande tribulation et le prêcher actuellement pour dire que l’église est déjà enlevée, ce qui serait tout à fait faux.

Il est nécessaire de connaître le contexte pour clarifier l’esprit de la lettre. L’apôtre Paul le disait dans un contexte culturel. Il s’adressait à des chrétiens qui vivaient dans un contexte particulier. Les femmes se sentaient maintenant libre dans le christianisme et elles utilisaient cette liberté pour poser beaucoup de questions à leurs maris pendant le culte, et cela perturbait le culte.

Cet excès de zèle était dû au fait qu’avec Christ la femme était devenue libre alors que pendant longtemps le judaïsme l’avait maintenue dans le silence car n’ayant pas droit à la parole. Ainsi en voulant jouir de cette liberté longtemps privée, elles ont commencé à poser des questions et à réagir créant un désordre pendant les cultes.

C’est pourquoi l’apôtre Paul leur a demandé de se taire et de garder le silence pendant les cultes afin qu’elles puissent attendre la maison pour poser à leurs maris des questions sur ce qu’elles ne comprenaient pas.Quand nous comprenons le contexte dans lequel intervient l’apôtre Paul, nous pouvons maintenant mieux interpréter ses écrits.

Aujourd’hui, nous voyons que le contexte est différent. Bien que la femme même la non chrétienne jouisse d’une certaine liberté, elle n’est pas celle qui fait du bruit dans l’église. Loin de Paul, la pensée d’interdire à la femme de prêcher l’évangile.

À lire aussi: A la rencontre de la prophétesse Sissi BOGOLI.

Quel est le personnage féminin de la bible qui vous a le plus marqué?

En toute sincérité, j’ai pas de personnage cliché. J’évolue selon que l’Esprit de Dieu me conduit. Je peux être aujourd’hui bénie par l’histoire de Déborah puis une autre fois par celle de la reine Esther, de Ruth ou encore de Naomie….

Toutefois, je crois que toutes les femmes dont il est question, dans la Bible, ne sont pas mentionnées en vain. Ce sont des femmes inspirantes dont nous pouvons tirer des leçons autant sur leur succès que leurs échecs.Telles que Jézabel, la femme de Potiphar ou encore notre ancêtre Ève qui sont de mauvais exemples à ne pas suivre car elles ont failli dans leur rôle en tant que femme mais également épouse.

En bref! Les femmes de la Bible sont des femmes étonnantes. C’est l’une des preuves que le Seigneur désire que la femme soit dans le ministère. La Bible en nous parlant de la femme montre le rôle important que la femme a joué dans l’histoire. C’est un argument de plus à défendre contre ceux qui disent que la femme doit se taire dans l’église.

Un conseil/message pour les femmes chrétiennes qui aspirent au ministère et à vivre une vie chrétienne exemplaire.

À mon humble avis, je ne pense pas qu’il y’ ait un conseil approprié pour les femmes et un autre pour les hommes. Je crois que les principes sont les mêmes pour la réussite d’une vie chrétienne et ministérielle.

La première chose consiste d’abord à avoir une vie de prière pour celle qui aspirent à être dans le ministère. Elle doit être une femme forte dans la prière. Je ne parle pas des prières superficielles mais je parle de la prière comme étant un mode de vie.

Aussi, elle doit aspirer à grandir dans sa vie de méditation de la parole de Dieu, de l’aimer et de la lire d’un amour effréné. J’ai remarqué que malheureusement les femmes n’aiment pas beaucoup lire la parole de Dieu. Parfois, elles donnent l’impression qu’elles attendent seulement qu’on vienne leur prêcher.

Ces deux éléments vont les aider à craindre  Dieu. On ne sert pas Dieu sans le craindre, le craindre non pas seulement à l’église mais aussi dans leur vie de tous les jours à tout endroit.

« On ne sert pas Dieu sans le craindre »

Mamy ATEZOMA

Deuxième conseil, je leur dirai de travailler doublement. Nous ne sommes pas en train de faire une compétition avec les hommes, mais nous sommes dans un contexte culturel qui joue en notre défaveur surtout en Afrique.

Généralement les hommes estiment que la femme est inférieure à l’homme. Ce qui n’est pas vrai. La femme n’est pas inférieure à l’homme mais elle est son égal, son vis à vis. La femme est appelée à être soumise à son mari et non à tous les hommes. Ce qui veut dire que Dieu peut établir une femme au-dessus d’un homme.

Nous sommes dans un contexte qui nous oblige à faire plus d’efforts. Lorsque tu dois jeûner, fais le bien, lorsque tu dois préparer une prédication fais le comme il faut; ne viens pas à l’aventure pour échouer sinon la prochaine opportunité sera difficile à se présenter.

Que le Seigneur vous bénisse et merci encore au Ministère les Valeureuses.

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Vous pouvez suivre les activités de la sœur Mamy sur Facebook en suivant ce lien:

https://www.facebook.com/mamy.atezoma

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